Promoteur immobilier à Lille depuis 30 ans.

Article paru dans Le Point le 10 mars 2011

Du neuf dans le Vieux-Lille

Il n’existe que deux programmes immobiliers neufs dans le Vieux-Lille. Le premier, les Berges du Vieux-Lille, entre la rue Maracci et l’avenue du Peuple-Belge, est déjà en vente. Son promoteur, Bastide Immobilier, un groupe 100 % indépendant dirigé par Michel Boursin, joue depuis vingt-cinq ans la carte du haut de gamme avec un programme comprenant deux immeubles, livrés successivement en 2012 et 2013 et séparés par un jardin. » Nous sommes entre 4 500 et 5 000 E/m2. «  Un prix élevé, mais que Michel Boursin justifie par le surcoût BBC, la valeur du foncier et la présence d’eau dans le sous-sol nécessitant une technique de parois moulées étanches pour les deux niveaux de parking souterrain (92 places). L’autre projet, la Villa Dauphine, dans le coeur d’îlot du musée de Gaulle, entre les rues Princesse et de Jemmapes, est plus controversé. Il suscite la colère des riverains, qui se sont regroupés en association. Son promoteur, Loger Habitat, a d’abord dû revoir sa copie à la baisse en diminuant le nombre d’appartements proposés de 69 à 38. Et les déboires ont continué. Eiffage, chargé des démolitions, a malmené l’ancienne corderie voisine abritant des lofts – dont celui d’une élue UMP de Lille. Plus grave, rappelant tragiquement la fragilité du Vieux-Lille, le décès d’un ouvrier, écrasé par un mur le 21 janvier, a entraîné la fermeture du chantier.

Vieux-Lille

L’année 2010 l’a encore confirmé, le centre historique de la métropole ne cesse de séduire. Selon les professionnels, même la crise n’y a pas fait baisser les prix. Et maintenant que la confiance revient chez les acheteurs potentiels, la vieille ville avec ses rues pavées, ses maisons de style flamand aux façades couleur pain d’épice et les beaux volumes de ses appartements redouble d’attractivité. En conséquence, les prix repartent à la hausse. Rue de la Barre, un 64-m2 avec parking vient de se vendre 225 000 E, alors qu’il y a deux ans ce 3-pièces avait déjà changé de mains pour 195 000 E. »Comme il y a quelques années, nous avons pour le Vieux-Lille plus d’acquéreurs que de biens à vendre. Les propriétaires en profitent ! » constate James Wallerand, directeur d’une agence rue de la Barre. Selon les chiffres de la chambre des notaires, le prix moyen du mètre carré s’est apprécié de 4,6 % en un an et atteint maintenant 3 000 E/m2. Une hausse qui ne décourage pas les acheteurs. « C’est le seul endroit de Lille où l’effet coup de coeur persiste « , estime James Wallerand. Selon lui, les prix au mètre carré varient entre 3 000 et 3 500 E et peuvent monter jusqu’à 4 500 E quand le logement a été réhabilité avec de beaux matériaux. »Avec du parquet stratifié et une cuisine Ikéa, on s’approche des 3 000 E/m2. Avec un beau parquet de chêne et une belle cuisine design, on tend vers 4 500 E. » Dans ce quartier où la plupart des façades des grandes artères ont été réhabilitées, ne vous laissez pas arrêter par un bâtiment un peu délabré de l’extérieur : il peut cacher un petit bijou. Ainsi, rue Princesse, un ancien relais de poste dont la façade est peu entretenue est à vendre 880 000 E. Cette « pépite » de 300 m2 habitables bâtie en 1677, dotée d’un séjour de 50 m2, de 4 chambres et d’une cour de 90 m2 qui permet de garer sa voiture, souffre juste d’un inconvénient : pas moyen d’y réaliser de grands travaux puisque le bâtiment est classé.

Dans le Vieux-Lille plus qu’ailleurs, les petites surfaces partent à prix d’or. Dans les prestigieuses rues de la Monnaie, de Jemmapes ou Princesse, elles sont difficiles à dénicher, à moins d’y mettre le prix. Ainsi rue Esquermoise, dans les étages situés au-dessus du pâtissier Meert, plusieurs petits appartements sont partis au prix record de 5 700 E/m2. La façade et l’intérieur sont totalement rénovés et l’emplacement, en plein coeur commerçant de la vieille ville, idéal. Et puis, l’éventuelle nuisance sonore de la journée est limitée par des double vitrages aux fenêtres. Un peu plus au calme, rue d’Angleterre, un 3-pièces de 71 m2 dans un état impeccable, situé dans un immeuble 1930, est à vendre pour 255 000 E, soit 3 600 E/m2. Dans les rues adjacentes – et finalement plus calmes -, les appartements trouvent preneur à des prix un peu plus raisonnables. Un 60-m2 avec une toute petite terrasse dans un immeuble du XVIIIe siècle vient d’être vendu 240 000 E (soit 4 000 E/m2). »Au-dessous de 3 000 E/m2, on ne trouvera rien de bien placé dans ce quartier », estime Matthieu Sergent, directeur de l’agence Lille Immo.

Le défaut de ce périmètre chargé d’histoire ? Les rues y sont souvent étroites et beaucoup d’appartements manquent de luminosité. Un inconvénient qui ne décourage cependant pas les Parisiens (voir encadré ci-contre), nombreux à plébisciter ce vieux quartier, participant ainsi à une envolée des prix que les candidats à l’achat déplorent.